Au soleil d’hiver,
Les girafes rêvent de chaleur
En pensant à leurs sœurs lointaines.
Mais peu rancunières,
Elles attisent malgré tout nos cœurs
D’un wax aux couleurs africaines.
Au pinceau morose,
Les frimas du mois de janvier
Peignent nos vies d’une humeur blanchâtre.
Éteints, les flamants roses
Figés dans leur aplomb jambier
Irisent malgré tout leur tutu d’albâtre.
La morte saison
Tire de l’ombre nos espoirs déçus,
Hier se plait à railler demain.
Fier de son blason,
Dans sa fausse savane, le roi déchu
Marche malgré tout de son pas léonin.
Nus et impavides,
Leurrés par les saisons perfides,
Les arbres dorment de guerre lasse.
Enfant des pyramides,
Gueule ouverte, le crocodile placide
Sourit malgré tout du temps qui passe.
Dans la forêt d’Asie,
Seuls quelques ibis sondent la mare,
Une fois de plus, le tapir* se cache.
Reste l’amnésie
Pour, malgré tout, digérer nos cauchemars
Et croire à nos rêves en bravaches.
Pour le rare fretin,
Dans la brume où le manque fait peur,
Les colverts se prennent de bec.
Sur le lac d’étain,
Sans lever malgré tout la torpeur,
Le tire-d’aile des cygnes claque sec.
La toison de vair
Semble enfin me protéger du froid
Sans promettre la sérénité.
Un singe en hiver,
Nulle part chez lui, partout maladroit,
Fuir avant tout l’intranquillité.**