J’aurais tant aimé vous dire toutes les fleurs
Mettre en poème le parfum de ces beautés
Que viennent à votre nez mille et une senteurs
L’essence des mots en fragrances retrouvées
J’aurais voulu vous jouer le chant de la source
Glissant sur les galets comme à saute-vallon
Que coule à votre oreille le son de sa course
La plume pour archet et moi premier violon
J’aurais voulu vous peindre les sept couleurs
De la palette à la toile combien d’écueils
Par petites touches, mot à mot, je me leurre
Hélas, le crayon ne fait que noircir la feuille
J’aurais tant voulu pour le miel et les épices
Puiser dans les pots douceurs et arômes forts
Il faut pour porter à vos lèvres ces délices
Troquer l’encrier contre de telles amphores
J’aurais tant voulu vous dire tous les amours
Ne rien taire du plus suave des moments
À l’abri des alcôves se méfiant du jour
Je ferme mon cahier pour cacher les amants