Ils naissent d’une graine
Inconnue des botanistes,
Ils donnent la migraine
A tous les taxinomistes*.
Des ectoplasmes philanthropes
Sont parmi nous en ethnologues,
Avec le regard affranchi d’Esope,
Ils font de chaque jour un apologue*.
Ils vivent dans une maison bulle
Pour se faire moins lourds sur la terre,
Quand l’anthropocène* se fait canicule,
Ils savent passer au vert.
Polymorphes caméléons,
Ils ont un truc, un abracadabra,
D’une simple incantation,
Leur vœu fleurit au bout des bras.
Dotée d’une large palette artistique,
C’est une tribu chromatique.
Chaque couleur a sa place,
Chacune habille pareillement,
Car ici point de races,
Pour preuve le noir de la maman.
Il y a des garçons et des filles,
Il y a des cocons et des quilles.
Ils sont en cosse de cacahuète,
Elles ont un diadème de fleurs sur la tête.
Mais ici point de patriarcat,
Pour preuve le rose du papa.
Ils ne se croient pas spéciaux.
Végétaux ou animaux,
Quand tombe le crépuscule,
Toute vie guette la lumière.
Le spécisme* est bien ridicule,
Vanité de mammifère.
D’une humeur toujours ronde,
Ils parlent aux enfants avec douceur,
Leur imagination féconde
Aide à affronter les peurs,
Ils nous donnent à voir le monde
Sous ses plus belles couleurs.