Je ne dirai jamais assez fort mon amour
Des beaux alexandrins, ils sont mes vers fétiches.
Sur chacun de mes doigts, je compte tour à tour
Douze pieds qui font la muse dont je m’entiche.
Tel un chat ronronnant assoupi dans vos bras,
Le vers s’épanche dans le moule du sonnet.
Suivez sa musique car elle vous guidera
Du tout premier quatrain jusqu’au second tercet.
Il respire en deux temps, la césure en plein cœur,
Ses deux ventricules sont deux moitiés deux sœurs,
Gardez le bon tempo, ciselez l’hémistiche.
Si j’ai la rime absente ou le verbe trop triste,
Je joue sa partition sans être rigoriste,
Je traverse la vie en Cyrano postiche.