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Lettre à Astrid

Madame,

 

Voilà maintenant trois jours, que vous êtes partie pour la province de Hainaut,

Le souvenir de vous occupe mon esprit et mes errements matutinaux.

Ce n'est point sans fébrilité que je prends la plume pour dévoiler mes émois,

Il me faut dire en quelques vers un peu du trouble qui déjà monte en moi.

 

Vous avez lu ces textes écrits pour une autre que vous ne connaissez pas,

Il me faut dès ce premier poème faire passer votre affliction de vie à trépas.

Pour cette première, c'est avec les mots d'un roman qui je le sais vous touche,

Que je dois bercer votre cœur au rythme des paroles sorties de ma bouche.

 

Heureux celui qui n'a pas à souffrir du dilemme de madame de Clèves,

Chacun de ses choix est un renoncement et pour le cœur un coup de glaive.

Auprès de vous, je n'ai point à choisir entre le repos et la passion,

Nos histoires se croisent au carrefour de la raison et de nos émotions.

 

Malheureux celui qui doit vivre le drame de monsieur de Nemours,

Celle qu'il aime ne sera jamais sienne, elle préférera la vertu à  l'amour.

Comme il est bon de ne pas avoir à renoncer à ses obligations,

Comme il est doux de pouvoir laisser libre cours à son inclination.

 

Je vous reçois chaque soir, la journée se languit de ce moment,

A l'orée de cette galanterie, vos silences sont les plus beaux agréments.

Nous partageons alors ensemble, lorsque le jour tire sa révérence,

Ce que les mots ne peuvent dire au nom de la bienséance.

 

Madame, avec les jours  de votre absence je construis une tour,

Du haut de cet édifice, je m'arme de patience, je guette votre retour.

Je sais déjà les signes : le cerf levant la tête, une douceur dans l'air,

Une rumeur écrite par l'oiseau comme un chant épistolaire.

 

                Je vous baise les mains et vous prie de croire madame que je prends le meilleur soin de vous, qui déjà vit en moi.